Michael n'a pas provoqué ses agresseurs
Drame d'Yverdon - Le juge d'instruction Antoine Landry publie un long communiqué. Le jeune Chaux-de-Fonnier ne porte aucune responsabilité dans l'agression qui lui a été fatale, le 1er juin
Le vendredi 6 juin, entouré par sa famille, Michael mourait au Chuv de Lausanne, cinq jours après avoir été agressé de manière abominable par quatre jeunes gens à la gare d'Yverdon-les-Bains, le dimanche 1er juin. Le jeune Chaux-de-Fonnier avait 19 ans.
Hier, le juge d'instruction du Nord vaudois Antoine Landry, en charge de l'enquête, a publié un communiqué détaillé sur ce qui s'est passé ce dimanche noir en fin d'après-midi. Disons-le tout de suite: Michael n'a rien, mais rien fait pour provoquer l'exécution qui a bouleversé la Suisse romande.
Dans le train de Payerne à Yverdon, Michael, revenant d'un week-end chez son amie, s'est fait voler son baladeur par un jeune Suisse de 17 ans et un Français d'origine maghrébine de 23 ans, qui faisaient partie d'une équipe de quatre jeunes
gens.
Lors de cette première agression, Michael n'a pas été frappé, contrairement à un adolescent de 15 ans assis ailleurs dans le train, dépouillé de son téléphone portable. «Il résulte des témoignages recueillis que M. (réd: Michael) n'a manifesté aucune agressivité, ni verbale ni physique, à l'encontre de ceux qui s'en prenaient à lui durant le trajet. Il ne leur a pas résisté», écrit le juge Landry.
Le look, aucun rôle
Pourquoi la bande des quatre s'en est-elle prise une nouvelle fois à Michael en sortant du train, à la gare d'Yverdon? Pour le juge d'instruction, les motifs de cette seconde agression, mortelle, restent obscurs. «Il est possible qu'il se soit agi de voler le porte-monnaie de M.» Michael avait alerté le contrôleur, qui a appelé la gare d'Yverdon, qui elle-même a téléphoné à la police, arrivée quelques minutes après le drame, mais ce n'est pas cela qui semble avoir attiré l'attention des agresseurs sur lui.
Antoine Landry est cependant très clair sur un point capital: «L'apparence de M., son look, qui a d'ailleurs échappé à la majorité de ceux qui s'en sont pris à lui, n'a joué aucun rôle dans la décision de commettre une nouvelle agression et de diriger celle-ci contre lui. Il a également été établi que M. et ses agresseurs ne se connaissaient pas».
Tabassé
A Yverdon, Michael s'est rapidement éloigné pour prendre sa correspondance à destination de La Chaux-de-Fonds. Trois des quatre membres de la bande, les deux jeunes racketteurs du train et un mineur cap-verdien de 17 ans, l'ont cependant pris en chasse et rattrapé. «Ils l'auraient fait s'arrêter sous prétexte de lui restituer le baladeur», avance le juge. Aussitôt, Michael a reçu un coup de poing, avant d'être tabassé, y compris avec une sacoche contenant clés, porte-monnaie et téléphones, utilisée comme une masse tournoyante.
Acculé contre la vitrine du kiosque, Michael s'est accroupi pour se protéger. C'est «dans cette position d'infériorité face à trois agresseurs», précise Antoine Landry, qu'il a sorti un couteau – le sien –, tentant de tenir à distance ses agresseurs, en l'agitant en arcs de cercle. D'après le juge d'instruction, le fait que Michael portait un couteau, avec une lame de 12 cm non rétractable, n'était pas en soi illégal.
Des pierres du ballast
«Dans la confusion, un des agresseurs a été touché superficiellement au niveau de l'aine», poursuit Antoine Landry. Il saignait et a pris du champ. Un des deux autres a alors appelé le quatrième jeune homme du train, qui empruntait le sous-voie, un Cap-Verdien de 21 ans, déjà condamné. Il lui a demandé s'il avait un couteau.
A son tour, le Cap-Verdien, alors sans arme, a frappé Michael et lui a lancé des pierres prises sur le ballast des voies, dont une a atteint le jeune Chaux-de-Fonnier au front. «La victime, sonnée, hors de combat, complètement accroupie et se protégeant la tête de ses bras et ses mains, le quatrième agresseur a réussi à s'emparer du couteau qu'elle tenait encore en main et le lui a planté dans le flanc droit. M. s'est définitivement écroulé à ce moment-là», écrit le juge d'instruction.
¼dème cérébral
L'autopsie de l'Institut universitaire de médecine légale à Lausanne conclut à la mort de Michael des suites de deux types de lésions. D'une part, la lame du poignard a notamment atteint le foie et un poumon, provoquant une très importante hémorragie. D'autre part, l'autopsie révèle un traumatisme cranio-cérébral sévère avec ½dème cérébral important.
«Pour les légistes, le décès de M. est dû à une défaillance multiorganique résultant de l'½dème cérébral, qui découle lui-même des lésions causées à la tête, par exemple par un jet de pierres. Sans intervention médicale rapide, la plaie au flanc droit était par ailleurs également mortelle. Elle a pu jouer un rôle dans l'enchaînement fatal», commente le juge d'instruction Antoine Landry
ON NE DOIT JAMAIS OUBLIER SE DRAME OU L'ON A TOUS PERDU QUELQU'UN DE MERVEILLEUX, QUE SE SOIT UN FRERE, UN AMI OU SIMPLEMENT UNE CONNAISSANCE !!! FAITES EN SORTE QUE MICHAEL NE SOIT PAS MORT POUR RIEN, IL Y A AUJOURD'HUI 2 ANS!!!
CELA FAI SI MAL DE PERDRE QUELQU'UN, PREMIER ENTERREMENT, CELUI D'UN AMI DE 18 ANS, POURQUOI, MAIS POURQUOI???????? LES LARMES COULENT ET LE COEUR SAIGNE, ON NE T'OUBLIERA JAMAIS PETITE ETOILE